Architecture : les mascarons toulousains rencontrés par votre chasseur immobilier.
Bas les masques ! On vous raconte les mascarons…
made in TOULOUSE bien sûr.
Un mascaron, c’est quoi ?
Le mascaron est une sculpture en pierre - ou, plus rarement, moulé en terre cuite -, représentant en général un visage humain (
parfois la tête d’un animal : lion, bélier) ou un masque - étymologiquement le mot vient de l’italien
mascherone signifiant grand masque grotesque - situé en général sur la clef ou l’agrafe d’un arc de porte, d’un chapiteau, d’une arcade (
quelquefois d’une fenêtre, ou encore d’une fontaine avec un orifice au niveau de la bouche permettant un jet d’eau), ou bien sur un linteau, une frise, un fronton, les consoles et entablements des immeubles.
Cette ornementation architecturale, à dimension fondamentalement décorative, peut être réaliste (
tête d’homme, de femme ou d’enfant, au visage fermé, sérieux ou au contraire gracieux, souriant), pittoresque ou fantaisiste, marquée du sceau de la bouffonnerie, empreinte de ridicule, burlesque ou caricaturale quelquefois, fantastique dans d’autres cas (
les références mythologiques n’étant alors jamais loin), ou bien grimaçante, hideuse même, quand ce n’est pas effrayante, se voulant ici « monstrueuse ».
Bien que pièce artistique d’un décor architectural global, dans cette dernière hypothèse, le mascaron a aussi pour fonction symbolique de faire fuir les esprits malveillants, d’éloigner le tourment de la demeure où il est apposé, de protéger ses habitants du malin.
Un peu d’Histoire… architecturale.
Les demeures concernées par ses œuvres artistiques sont les plus nobles et prestigieuses.
Signe de richesse où l’esthétisme est de mise, les mascarons « trônent » ainsi à l’entrée de certains immeubles des beaux quartiers historiques des centres villes construits au 18ième et 19ième siècle ou encore de vastes et admirables maisons édifiées durant ces périodes, quand ce n’est pas des palais ou hôtels particuliers plus anciens encore, chargés d’histoire.
C’est ainsi : s’ils n’étaient pas fortunés, les propriétaires des lieux n’auraient pu recourir à ces ouvrages d’art, se prévaloir de tels motifs ornementaux, figures représentatives de leurs rêves ou ambitions, projection sculptée de leurs imaginaires et d’un besoin de reconnaissance.
TOULOUSE n’échappe pas à cette règle architecturale - et sociale - qui arrive en France au moment des guerres d’Italie, à la fin du 15ième et durant une partie du 16ième siècle.
Le souverain François Ier, grand amateur et protecteur des arts sous toutes leurs formes, n’est pas étranger - loin s’en faut - à cette impulsion.
Les premiers mascarons français voient ainsi le jour au château de FONTAINEBLEAU (
berceau de la Renaissance - synonyme d’un retour aux modèles de l'Antiquité romaine - et alors résidence royale) et sur le Pont-Neuf à PARIS.
Sous le règne suivant, avec Henri II, c’est notamment les façades de la cour carrée du Palais du Louvre qui se voient affublées de ces masques décoratifs.
Puis, progressivement, de nombreux bâtiments prestigieux sur l’ensemble du territoire français vont consacrer les mascarons.
Et au-delà des édifices royaux ou monuments publics, phénomène de mode avant l’heure oblige, cette tendance va ensuite essaimer chez les particuliers ; l’aristocratie d’abord, puis divers notables et familles de la grande bourgeoisie après la Révolution.
Outre la capitale parisienne, toutes les grandes villes de l’hexagone sont concernées ; à commencer par les centres urbains les plus riches économiquement, à l’image de BORDEAUX et de NANTES à l’Ouest du territoire national et de NANCY et de LYON à l’Est.
TOULOUSE, la méridionale, n’échappe pas au phénomène, elle dont la richesse provient alors principalement, au début du 16ième siècle, du commerce du pastel.
Dynamisme marchand - couplée à une Université de renom et une vie religieuse d’envergure autour de Saint-Sernin (
sur cette célèbre abbatiale romane, voir notre article : « Monument historique : la basilique Saint-Sernin, du haut de ses 945 ans, fait peau neuve ! Un chasseur immobilier à la rencontre de l’Histoire toulousaine ») - faisant déjà à cette époque de l’actuelle métropole occitane une cité foisonnante favorable à un rayonnement culturel et artistique, propice à une volonté d’afficher sa puissance, de mettre en exergue son pouvoir.
De sorte que, ici ou là, des têtes décoratives sculptées dans la pierre toisent souvent les toulousaines et les toulousains… désormais depuis plusieurs siècles.
Des mascarons que l'on doit la plupart du temps à des sculpteurs de la Ville rose, soit assez souvent, très vraisemblablement, aux ateliers de Pierre LUCAS (1692–1752), ou ensuite à ceux de son fils François (1736-1816).
Pierre LUCAS est en effet un sculpteur actif de la capitale occitane durant la première moitié du 18ième siècle (formé notamment auprès de Marc ARCIS) où il a travaillé pour la haute société toulousaine (Capitouls, magistrats du Parlement), entre autres dans leurs hôtels particuliers.
Les mascarons de TOULOUSE.
Pris dans les affres du quotidien, ou simplement sous l’emprise d’internet et des réseaux sociaux via son téléphone portable, le passant se révèle être souvent « aveugle ».
Alors que s’il prend le temps de lever la tête, il peut apercevoir, souvent découvrir, ces si beaux ou intrigants « visages de pierre », admirer ces œuvres artistiques aux inspirations diverses qui nous « surveillent » silencieusement et discrètement.
Aussi, pour vous aider dans cette découverte, croiser le regard de ces faciès aussi immobiles qu’expressifs - miracle de la représentation sculpturale talentueuse -, et ce faisant vous inviter quelques instants à un voyage dans le temps, nous vous proposons ici un « petit » florilège de mascarons dont nous gratifie la Ville rose.
Notre activité de chasseur immobilier nous conduit en effet à pénétrer, régulièrement, dans des immeubles aux façades ornementées, à arpenter les artères de la ville en quête d’appartements, à visiter des lieux du vieux TOULOUSE - cœur historique palpitant - pour et avec nos clients acquéreurs.
C’est une chance pour nous, amoureux de l’art et de l’Histoire, passionnés d’architecture et de belles demeures.
Alors, si le cœur vous en dit, et les yeux aussi (!), profitez-en… on tombe les masques pour vous !
Allées Jean-Jaures :







Boulevard d’Arcole :
Boulevard de Strasbourg :
Boulevard Lazare Carnot :
Hôtel d’Assézat, place d'Assézat :
Hôtel de Bagis, ou de Clary, ou Daguin rue de la Dalbade :
Hôtel de Massas ou hôtel d’Aldéguier ou hôtel Pélegry, rue de la Dalbade :
Hôtel particulier Molinier, puis hôtel de Cathelan, puis de Felzins, rue de la Dalbade :
Place de la Concorde :
Place du Capitole :
Place Esquirol :
Place Rouaix :
Place Saint-Etienne :
Place Saint-Georges :
Place de la Trinité :
Rue Alsace-Loraine :
Rue Baronie :
Rue Bellegarde :
Rue Bouquières :
Rue Caffarelli :
Rue Croix Baragnon :
Rue Cujas :
Rue d’Aubuisson :

Poursuivons ce bal masqué architectural :
Rue de Bayard :
Rue de Belfort :
Rue de la Balance :
Rue de la Bourse :
Rue de la Concorde :
Rue de la Dalbade :
Rue de la Fonderie :
Rue de la Pomme et rue du Poids de l’Huile :
Rue de Metz :
Rue des Arts :
Rue des Couteliers :
Rue des Paradoux :
Rue des Polinaires :
Rue des Prêtres :
Rue des Puits Creusés :
Rue des Marchands :
Rue du Commissaire Philippe :
Rue du Languedoc :
Rue du Lieutenant Colonel Pélissier :

Ce carnaval des maisons et immeubles continue :
Rue du Pont de Tounis :
Rue du Rempart Saint-Etienne :
Rue du Taur :
Rue Franc :
Rue Gambetta :
Rue Gabriel Péri :
Rue Jacques Laffitte :
Rue Jean Suau :
Rue Jules Resseguier :
Rue Mage :
Rue Maletache :
Rue Maury :
Rue Montardy :
Rue Ninau :
Rue Ozenne :
Rue Pargaminières :
Rue Pharaon :
Rue Pierre Paul Riquet :
Rue Romiguières :
Rue de Rémusat :
Rue Roquelaine :
Rue Saint-Antoine du T :
Rue Sainte-Marthe :
Rue Saint-Papoul :
Rue Saint-Rome :
Rue des Sept Troubadours :
Rue Valade :
Cette liste de mascarons toulousains - dans l’ordre alphabétique des rues, allées ou places où ils se trouvent - ne saurait être exhaustive bien sûr tant la Ville rose recèle de trésors architecturaux.
Il s'agit néanmoins d'un « échantillon » dense et représentatif de la richesse du patrimoine architectural de TOULOUSE, tant au demeurant pour ses édifice privées que publics.
A l’occasion de nos futures pérégrinations dans la ville, en chasse de maisons ou appartements au profit d’acheteurs ayant recours à notre service sur-mesure de recherches immobilières ciblées, nous aurons loisir de démasquer d’autres… masques de pierre et, en suivant, de vous en faire profiter.
D’ici là, gageons que les mascarons que vous croiserez directement du regard, que vous distinguerez furtivement ou observerait attentivement entre deux déplacements, ne vous laisseront pas/plus, désormais, de marbre, pour ne pas dire de pierre…
Eric MASSAT - Direction de Domicilium
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Eric MASSAT - Direction de Domicilium
Docteur en Droit, Expert du marché immobilier.
Fondateur et co-gérant de Domicilium. Depuis 2007 société pionnière et leader de la chasse immobilière en Haute-Garonne et Occitanie.
Ancien Avocat au barreau de Toulouse, ancien
Enseignant et Chercheur à UT1 (Université Toulouse Capitole) et à l’IEP de Toulouse.
Depuis 1993 au centre de la vie économique, sociale et culturelle toulousaine.
Publié le samedi 01 mars 2025