Le style Art Nouveau toulousain : voyage architectural dans la Ville rose.

L’Art Nouveau ou Modern style, ou plus vulgairement style nouille (pour ses détracteurs), est un mouvement artistique qui se déploie entre 1890 et 1905/1910.

I - Le style Art Nouveau : la révolution des courbes.

Il s’appuie sur l’esthétique de lignes courbes. 

Des courbes et contre-courbes sinueuses et souples, légères et élégantes, souvent inspirées de motifs végétaux, organiques pour rompre avec les lignes droites traditionnelles, avec une esthétique sobre, très homogène, rigoriste, conservatrice. 

Des arabesques, volutes, torsades, rubans, rinceaux… autant de formes en vrilles et spirales, dynamiques, asymétriques, éclectiques, sources de fluidité pour se démarquer des figures architecturales classiques, le plus souvent statiques et épurées, rigides, rectilignes et symétriques.

Emblématique de la Belle Époque - qui s’échelonne de 1890 à 1914, début de la première guerre mondiale -, le style Art Nouveau trouve son unité non pas dans l’homogénéité mais dans la diversité.

Art Nouveau Toulouse - chasseur immobilier

II - L’Art Nouveau : moteur d’un art de vivre moderne, en rupture avec le classicisme.

Avant-gardiste, ce Modern Art est révélateur d’une architecture antiacadémique, au moins par contraste aux styles architecturaux dominants qu’il rejette, tels que le néo-gothique, le néo-classicisme ou le néo-baroque. 

En France, il est ainsi une réponse à la rigueur alors conventionnelle des immeubles haussmanniens jugés trop uniformes, sans reliefs.

Marqué par la jeunesse et portée par un vent de liberté, de rupture avec le passé, les dénominations mêmes données à ce mouvement sont significatives : Jeune, libre… cet Art Nouveau se veut ainsi « moderne », à telle enseigne qu’il porte le nom de « Modernismo » en Espagne.

Réaliser l’unité de l’art et de la vie, créer un univers esthétique se voulant à la portée de tous… telle est l’ambition de l’Art Nouveau qui puise sa source de l’autre côté de la Manche.

III - Genèse de l’Art Nouveau. 

Pour une majorité d’historiens de l’Art, ce style moderniste trouve son origine dans un mouvement né en Angleterre en 1848 : le préraphaélisme.

Celui-ci considère la peinture des maîtres italiens du XVème siècle, ayant précédé le célébrissime RAPHAËL (peintre officiel du Vatican durant la haute Renaissance à qui l’on doit entre autres « Les Trois Grâces »), comme le modèle à imiter ; une peinture où la nature et figure féminine sont idéalisées.

Pour la confrérie préraphaéliste, l’enjeu est ainsi de rompre avec le classicisme, avec l’art sclérosé académique afin de s’adresser à toutes les facultés de l’homme : esprit, intelligence, mémoire, conscience et cœur… et pas seulement ce qui est vu, donné à voir.

Puis en 1860, toujours en Angleterre, c’est le mouvement Art and Craft (art et artisanat) qui se déploie.

Précurseur de l’Art Nouveau français et belge (l’expression est employée a priori pour la première fois par l’écrivain bruxellois Edmond PICART en 1894 dans la revue belge l’Art Moderne qui évoque les travaux modernistes de son compatriote l’architecte et décorateur d’intérieur Henri VAN DE VELDE), l’idée fondamentale mise en avant est que l’art doit naître de la réunion des compétences (voir infra) et non de leur concurrence.

Art décoratif par excellence, ce mouvement Art and Craft entend lutter contre l’asséchement créatif qu’entraine les dérives de l’industrialisation alors en plein essor.

Dans la foulée se développe le courant de l’esthétisme.

Mouvement artistique et littéraire britannique qu’incarne Oscar WILDE (1854-1900 ; comme l’illustre son chef-d’œuvre « Le portrait de Dorian Gray »), mais qui trouve sa source originelle dans le romantisme allemand, en particulier chez Friedrich von SCHILLER (1759-1805 - et ses « Lettres sur l'éducation esthétique de l’homme »), ainsi que dans la poésie française de Charles BAUDELAIRE (1821-1867, avec son œuvre monumentale « Les Fleurs du Mal ») où se mêlent romantisme et symbolisme et les romans de l’écrivain et critique d’art Théophile GAUTIER (1811-1872) dont le concept de « l’Art pour l’art » - où le beau est une valeur en soi, libre (non contraint par la morale, non institutionnelle) - va contribuer également à façonner et faire émerger le mouvement Art Nouveau.

Issu de ce terreau artistique, ce dernier apparait et se déploie en tant que tel entre 1890 et 1905/1910 dans toute l’Europe.

IV - L’Art Nouveau : un mouvement pluridisciplinaire.

Réunissant différents corps de métier, fondamentalement transdisciplinaire, vecteur de synergies, ce mouvement d’art total englobe les différents aspects de la vie.

De sorte qu’on le retrouve dans plusieurs domaines où de multiples matériaux sont utilisés : la verrerie, le vitrail, la céramique, la mosaïque, le trencadis (mosaïque à base d'éclats de céramique), la brique, la terre cuite vernissée, le marbre, le carrelage, la faïence, les azulejos, la ferronnerie, l’acier, le métal, la pierre, le béton armé, le bois, le tissu, le papier peint, etc.

Rompant la barrière traditionnelle entre arts majeurs et arts mineurs - et la dépassant car l’art doit devenir avec lui utile, s’immiscer dans le quotidien -, revalorisant le travail artisanal, synonyme de création de beaux objets pratiques, sont ainsi concernés par ce mouvement artistique :

V - Les représentations typiques de l’Art Nouveau.

Des nuances peuvent être repérées selon les pays où il s’exprime, mais des critères communs à l’Art Nouveau se retrouvent partout : l’inventivité, la présence de rythme, de couleurs, d’ornementations… inspirées :
L’image féminine est en effet extrêmement présente au sein de la production artistique : femme éthérée et mystérieuse, femme active pleine de vie, femme fatale matinée d’érotisme ou femme symbole de la nature.

C’est donc une large palette du vivant qui impulse l’Art Nouveau, mais non sa reproduction la plus fidèle possible, celle propre au naturalisme classique. 

Introduisant du sensible dans le décor quotidien, la particularité est de toujours le faire - quels que soient les pays et tendances - avec une quête d’onirisme, la recherche d’une beauté « parfaite », idéale/idéalisée. 

D’où le recours fréquent au symbolisme, à une esthétique plus ou moins exubérante, à une faune et une flore colorées, si besoin mystérieuses, voire fantastiques… tel est l’enjeu pour bâtir des foyers dont la marque de fabrique est le beau.

VI - L’architecture, terrain d’expression privilégiée de l’Art Nouveau.

Très décorative et raffinée, riche d’ornementations, l’architecture Art Nouveau - un art dans la vie et un art dans la ville - se traduit par exemple par des sculptures végétales ou animales enjolivant les édifices.

Les façades de ces derniers (maisons bourgeoises ou immeubles) sont également souvent dotées d’oriel - ou bow-window - avec des vitraux, c’est-à-dire une fenêtre en encorbellement ou en arc, dite aussi « fenêtre en baie ronde » ou « fenêtre en saillie courbe » qui se matérialise par une avancée de la façade. 

De forme incurvée, cette excroissance du bâtiment est un véritable marqueur de l’architecture Art Nouveau.

Il est aussi fréquent de trouver dans ce type d’immeuble un escalier ellipsoïdal.

Et, plus généralement, ces sont donc les lignes courbes, sous toutes les formes (voir ci-dessus notre propos liminaire), qui symbolisent ce mouvement artistique moderniste.

In fine, c’est une unité complète de l’œuvre architecturale qui est recherchée, un art total, et cela quel que soit les pays où l’Art Nouveau s’affirme.

VII - L’Art Nouveau, une transfiguration de l’urbanisme européen.

Le paysage urbain européen dans son ensemble est concerné par l’Art Nouveau comme en témoignent de nombreuses constructions, dont certaines en sont devenues le symbole.

En Autriche, tel est le cas du Palais de la sécession, manifeste architectural pour la sécession viennoise, un groupe d’artiste rebelle envers la conception ancienne des arts.

Sa devise, inscrite sur le fronton du bâtiment : « à chaque âge son art, à chaque art sa liberté ».

A l’intérieur, sont exposées des œuvres de Gustave KLIMT (1862-1918) peintre symboliste autrichien membre éminent du mouvement Art Nouveau et de celui de la sécession de VIENNE animé par la volonté de changer le monde.

En Espagne, en catalogne plus précisément, à BARCELONE essentiellement (où nombre de toulousaines et de toulousains aiment se rendre), il en va ainsi de la célèbre Sagrada Familia ou encore du Parc Guël que l’on doit à Antoni GAUDI (1852-1926), représentant emblématique du modernisme catalan.

Et en matière d’habitation, cet art nouveau ibérique, que le seul nom de l’architecte catalan symbolise, trouve son expression parfaite dans la Casa Milà, connue aussi sous le nom de Pedrera.

Construite entre 1906 et 1912 sur le Passeig de Gracia, cet immeuble est une véritable sculpture habitée.

Fruit d’une commande, en tant qu’hôtel particulier, de Pere MILA (entrepreneur et promoteur immobilier prospère) et de son épouse Roser SEGIMON, la Casa Milà est caractérisée par des cloisons intérieures sans angles, une façade en forme de vagues, des balcons ondulants avec des garde-corps en fer forgé, un toit terrasse extra-ordinaire (au premier sens du terme) où des cheminées s’élèvent faisant penser à des soldats, gardiens du temple, sentinelles en pierres de ce poème architectural.

La République Tchèque n’échappe pas à cet essor artistique symbolisé à PRAGUE par la Maison Municipale (institution culturelle nationale de premier plan), tout comme la Russie avec, à SAINT-PETERSBOURG, l’immeuble de la compagnie Singer (dite Maison du Livre, située sur la Perspective Nevski) ou encore, bien sûr, la Belgique, souvent considérée comme le pays où l’Art Nouveau apparaît en tant que tel pour la première fois avec l’hôtel Tassel. 

Situé à BRUXELLES, cette maison de maître conçue en 1893 par l’architecte Victor HORTA (1861-1947), sur commande de son propriétaire Emile TASSEL, est en effet fréquemment considérée comme l’acte fondateur du style Art Moderne.

Cette vision architecturale moderniste se retrouve aussi en Italie où elle prend le nom d’Arte nuova, en particulier à MILAN, riche capitale lombarde où un grand nombre d‘immeubles sont représentatifs de cet art urbain novateur.

En France, les constructions Art Nouveau sont nombreuses et, comme partout en Europe, non homogènes. 

Parmi les plus connues figurent les bouches de métro parisiennes réalisées par Hector GUIMARD (évoqué ci-dessus) et bien sûr des maisons et immeubles bourgeois essaimant dans la majorité des grandes agglomérations… dont la Ville rose qui n’est donc pas réductible à la brique, tout au moins à son emploie basique qui en fait la singularité chromatique.

Car, en effet, ce matériau éminemment représentatif de la Capitale Occitane reste présent dans l’Art Nouveau made in TOULOUSE. 

Régionalisme et diversité du Modern Art oblige, ce mouvement artistique se déploie toujours librement, intégrant de fait les particularités locales où il se déploie, les matériaux et techniques qui y sont les plus usités dans la construction.

VIII - L’Art Nouveau à TOULOUSE : une alchimie de la brique et de la courbe.

A côté des édifices typiquement toulousains en briques roses et galets parfois (récupérés dans la Garonne ; le mélange des deux offrant une grande variété de rythmes), et parallèlement aussi aux immeubles haussmanniens qui émergent au milieu du XIXème siècle (à partir de 1856 précisément avec l’arrivée du chemin de fer dans la ville) dans certaines parties de l’hyper centre, TOULOUSE est embellie par des constructions entièrement Art Nouveau ou par touches plus ou moins éparses de ce mouvement sur certains bâtiments.

En toute hypothèse, un Art Nouveau… avec ses spécificités. 

Ici, en effet, le modernisme et l’expérimentation qui en résultent empruntent au patrimoine médiéval et à la tradition régionale.

Immeuble Art Nouveau - style régionaliste - rue Ozenne 31000    Maison Art Nouveau rue Volta Toulouse 31 - tradition médievale

Oscillant entre culture occitane et art méridional, s’incorporant au style troubadour néo-gothique, parfois éclectique 

Maison Art Nouveau Rue de Queven - Toulouse - style toubadour

Maison Art Nouveau Rue de Queven - Toulouse détail - style toubadour

Villa Art Nouveau allées des Demoiselles - Villa de la Tourelle - Toulouse 31

Villa Art Nouveau allées des Demoiselles - Toulouse - Villa de la Tourelle - mélange style néo-médiéval, renaissance et art moderne

Demeure Art Nouveau allées Paul Feuga - maison Seube, dite maison hantée ou du bourreau - Toulouse

Demeure Art Nouveau allées Paul Feuga - vitraux - maison Seube, dite maison hantée ou du bourreau -Toulouse

Demeure Art Nouveau allées Paul Feuga - maison Seube, dite maison hantée ou du bourreau - porte d entrée - Toulouse

Demeure Art Nouveau rue de la Chaussée et allées Paul Feuga - maison Seube, dite maison hantée ou du bourreau -Toulouse

Demeure Art Nouveau rue de la Chaussée - Toulouse

ou au style bourgeois plus traditionaliste et classique (de type Renaissance ou Haussmannien), 

Immeuble art nouveau Place de la Trinité - Toulouse

bow window avec des vitraux - art nouveau - Place de la Trinité - Toulouse   

s’inscrivant dans un terreau hispano-mauresque (très présent à BARCELONE) et porté également par l’influence néo-flamande, 

Maison Art Nouveau Boulevard du Maréchal Leclerc - maison beumier Toulouse - influence néo-flamande

l’Art Nouveau toulousain n’abandonne donc pas la brique, typique de son bâti, marqueur emblématique de la Cité depuis son utilisation par les romains, il y a plus de 2000 ans (TOLOSA existe avant eux, mais c’est à partir de sa romanisation lors du Ier siècle avant J.-C. que ce matériau est exploité et ne cessera pas de l’être).

De sorte que l’Art Nouveau de la Ville rose, toujours lumineux et chaleureux, empreint d’une ornementation abondante, le plus souvent à base de terre cuite émaillée, peut se définir comme une alchimie de la brique et de la courbe.

Telle est son originalité.

A - Genèse et contexte de l’Art Nouveau à TOULOUSE.

A la charnière des XIXème et XXème siècles, TOULOUSE est en pleine mutation.

Cette transformation urbaine s’explique par :                    o    La canalisation de la Garonne, à savoir un travail d’aménagement hydraulique étalé sur le XIXème qui permet de rendre ce fleuve navigable toute l’année et, ce faisant, favorise le transport fluvial de marchandises et de matières premières forcément propice à l’essor du commerce (lequel bénéficie aussi à TOULOUSE de la création en 1903 d’une Ecole Supérieure de Commerce),

                      o    Le chemin de fer à un degré bien supérieur qui à partir de juillet 1856 (voir supra) arrive en gare Matabiau située en plein centre-ville (liaison alors avec AGEN ; puis ouverture d’une ligne transversale BORDEAUX-SETE à compter d’avril 1857) ; ce moyen de transport performant, rapide, sera particulièrement favorable à toutes sortes d’échanges et donc au dynamisme économique de TOULOUSE.

L’accroissement de la richesse toulousaine en général qui en résulte va favoriser la montée en puissance d’une bourgeoisie d’affaires. 

Or, cette « élite » locale est souvent avide de reconnaissances et de distinctions sociales ; lesquelles vont se matérialiser, entre autres, par des commandes d’immeubles de rapport ou de demeures privées novatrices qui permettent alors de se démarquer.                    o    Le style haussmannien a commencé à s’imposer depuis la fin des années 1850 sur certaines artères de l’hypercentre (rue d’Alsace-Lorraine, rue Lafayette, rue de Rémusat, rue Rivals, rue J.F. Kennedy, rue de Metz, Boulevard de Strasbourg, rue Saint-Bernard, Boulevard Lazare Carnot, Allées Forain-François Verdier, rue du Languedoc, etc.) avec pour conséquence de le redessiner en l’aérant.

La topographie médiévale subsiste encore dans le cœur historique (autour de la rue Saint-Rome notamment), mais parallèlement des voies de circulation sont en effet créées ou élargies sur le modèle des grands boulevards parisiens… avec toutefois une particularité : ce sont des briques jaunes qui sont utilisées beaucoup plus que la pierre blanche parisienne typique de l’immeuble haussmannien classique.

Au-delà de l’habitat renouvelé, ces axes ont aussi une vocation commerciale et permettent l’installation :

-    de nombreuses boutiques et divers commerces, dont les Grands Magasins symbolisés en 1904 par l’enseigne Au Capitole, plus connue ensuite sous le nom Aux Dames de France (société présente dans différentes villes du Sud de la France), anciennes Galeries Lafayette et aujourd’hui Primark ; cet édifice de pur style Art Nouveau à vocation exclusivement commerciale, situé rue de Rémusat, jouxtant la rue Alsace-Lorraine, est construit par l’architecte parisien Georges DEBRIE (1856-1909),

Façade immeuble commercial art nouveau - rue de Rémusat - Toulouse

Immeuble commercial art nouveau - angle rue du Périgord et rue de Rémusat - Toulouse

Immeuble commercial art nouveau rue de Rémusat Toulouse - escalier Primark

Immeuble commercial art nouveau rue de Rémusat Toulouse - verrière Primark

-    des édifices prestigieux, tel le Grand Hôtel rue de Metz en 1901 ; immeuble Art Nouveau, d’une grande modernité pour l’époque, pensé par l’architecte toulousain Barthélémy GUITARD (voir infra).
  
Immeuble Art Nouveau Toulouse 31 - rue de Metz - Grand Hôtel

Immeuble Art Nouveau Toulouse - rue de Metz - entrée Grand Hôtel

Immeuble Art Nouveau Toulouse - rue de Metz - porte d entrée Grand Hôtel

Immeuble Art Nouveau Toulouse - rue de Metz - Grand Hôtel - Verrière

Immeuble Art Nouveau Toulouse - rue de Metz - Grand Hôtel - Verrière détail floral

La bourgeoise toulousaine de l’époque, classe sociale aisée en mesure de consommer de l’art et de culture, est réceptive à cette offre, d’autant plus qu’elle préfère investir dans la pierre, se constituer un patrimoine immobilier plutôt que se risquer dans des investissements industriels ; de sorte que TOULOUSE ne connaitra un élan à ce niveau qu’un peu plus tardif par rapport à d’autres grandes agglomérations françaises.

                     o    L’ouverture de nouveaux boulevards et faubourgs, le développement de certains quartiers : Saint-Aubin et Saint-Michel notamment, dont certains au-delà du Canal du Midi et de la Garonne, à l’instar du faubourg Bonnefoy et du quartier Saint-Cyprien en particulier.

                    o    La modernisation des infrastructures et réseaux : arrivée et généralisation de l’eau potable, ainsi que de l’éclairage et apparition du tramway à partir de juillet 1887 qui améliore les mobilités intra-urbaines (il existe depuis 1862 sur les pavés toulousains, mais à partir de cette date le tramway hippomobile fonctionne sur rail, moins fatiguant pour les chevaux, plus rapide ; il ne cesse de d’étendre - presque trente lignes en 1900 - et à partir de 1906 apparaissent les premiers véhicules électriques).

Ces changements, ce climat dynamique, créent un cadre favorable à l’émergence de nouvelles esthétiques. 

Libéré des canons académiques, l’Art Nouveau en plein essor, essaimant de façon multiforme dans une majorité des grandes agglomérations françaises et européennes (voir notre propos introductif), trouve ainsi un terrain propice à son éclosion… où il va s’épanouir avec une résonance locale.

L’efflorescence de l’Art Moderne toulousain n’est pas en effet une importation mimétique, mais une habile interprétation contextuelle.

Par conséquent, il n’est pas, notamment, une transposition pure et simple des « modèles » parisiens ou catalans ; ceux-là singulièrement tant PARIS et son Art Nouveau cosmopolite ou BARCELONE et son Art Moderniste avant-gardiste (voir supra) sont à la fois des symboles du Modern Art et de très grands centres urbains particulièrement connectés à la Ville rose. 

Couplée à l’impact d’événements internationaux (notamment les Expositions Universelles, en particulier celle de 1900 dans la capitale française qui célèbre la Belle Époque et l’Art Nouveau) et au fourmillement intellectuel, artistique et culturel de l’époque que symbolise à lui seul le groupe de l’Art dans Tout (association à partir de 1896 d’architectes, de peintres et de sculpteurs animée par l’utopie de l’art pour tous, la volonté de renouveler les arts décoratifs dans leur discipline), l’influence de ces deux foyers effervescents s’avère certes significative et irrigue inévitablement la culture toulousaine, mais c’est donc dans un contexte identitaire propre que l’Art Nouveau prend son envol à TOULOUSE.

Cela d’autant plus que la ville a aussi, à cette époque, des figures locales marquantes, une vie culturelle intense.

En effet, l’activité des architectes formés à l’École des Beaux-Arts de la Ville rose (voir ci-après), les publications d’albums et de revues artistiques favorisant la circulation des idées novatrices de façon transfrontalière (L'Estampe originale entre 1888-1895, The Studio en 1893, Jugend en 1896, Art et décoration en 1897, etc.), la présence à TOULOUSE de nombreux marchands et d’artisans sensibles à la nouveauté et contribuant à en diffuser les principes, participent de facto à une appétence « naturelle » pour un Art Nouveau in situ

Parmi les personnalités remarquables évoluant dans cet univers toulousain foisonnant, citons :
De sorte que l’Art Nouveau toulousain, nous l’avons souligné ci-dessus, n’échappe pas à cette règle de la brique… qui s’impose à TOULOUSE quels que soient les époques et les styles. 

Par essence porte-drapeau de la Ville… rose, les différents créateurs susmentionnés, figures centrales de l’Art Nouveau à TOULOUSE, vont la faire leur.

B - Singularité de l’Art Nouveau toulousain.

Contrairement aux autres villes de l’hexagone où la pierre, le verre et le fer dominent, TOULOUSE inscrit son Art Nouveau dans la tradition millénaire de la brique (caractéristique déjà soulignée, mais tellement fondamentale qu’il convient d’y insister).

Un dialogue pouvant à première vue paraitre inattendue s’instaure entre ce matériau local rustique, brut et ce mouvement artistique inédit marqué par une fluidité des lignes. 

Polychrome, émaillée ou sculptée, sublimée par des jeux de motifs en creux et en relief, parfois agrémentée de céramiques, de pierre blanche ou d’enduits peints, générant des effets visuels délicats et une harmonie chromatique en résonance avec la lumière du Midi, la brique foraine rend possible un décorum varié et expressif : On y trouve ainsi des ferronneries de balcons courbes aux formes organiques, des linteaux travaillés avec finesse, des lambrequins sculptés de façon ondoyante, des impostes de fenêtres colorés, d’aspect serpentin, des moulurations sinueuses, des rampes d’escalier, garde-corps et marquises aux lignes fluides, légères et dynamiques, des consoles sculptées aux motifs mouvants, des vitraux colorés (souvent issus des ateliers de Louis-Victor GESTA, voir supra), des balustres et frises stylisées, des bow-windows et verrières aux structures audacieuses, magnifiant la lumière, des céramiques décoratives, parfois signées VIREBENT (ci-dessus évoqués), des mosaïques ornementales d’une grande finesse (d’autant plus exploitées qu’elles répondent aussi aux préoccupations hygiénistes de la fin du XIXème siècle), des symboles occitans (en particulier la croix occitane à douze branches terminées par trois boules, souvent de couleur jaune sur fond rouge), des portes en bois sculptées ingénieusement, souvent décentrées, des représentations stylisées tirées de la flore régionale (iris, glycines, pavots, vignes) ou se référant quelque fois à l’ambiance balnéaire basque ou à l’univers pyrénéen, des formes abstraites évoquant la nature, des couleurs locales avec des tons pastels (couleur emblématique de la région toulousaine, du Lauragais essentiellement, qui connaît un essor sans précédent au XVIème siècle grâce au commerce du pastel) ou irisés.

Très rarement ostensible, cet Art Moderne toulousain s’insère avec subtilité dans le cadre urbain existant en incorporant parfois des styles précédents (tel que le réemploi d’éléments Renaissance dans certains bâtiments) ou en s’y lovant avec sobriété par touches discrètes.

Il en résulte une hybridation architecturale aussi virtuose qu’élégante, faisant toute l’originalité de l’Art Nouveau estampillé TOULOUSE, un mouvement esthétique local combinant harmonieusement et chaleureusement l’art et le quotidien, conjuguant en symbiose le beau et le fonctionnel.

C - Réalisations emblématiques de l’Art Nouveau dans la Ville rose.

Teinté de romantisme, comme dans la majorité des villes du monde où il se déploie, l’Art Nouveau toulousain concerne :

Les lieux à usage d’habitation. 

C’est en effet en priorité dans les maisons ou villas individuelles, les demeures bourgeoises, les hôtels particuliers et les immeubles en copropriétés constitués d’appartements que s’ancre l’Art Nouveau toulousain.

Qu’il soit issu de commandes privées ou qu’il résulte de l’initiative de promoteurs locaux, on l’y trouve à titre principal dans les quartiers recherchés du centre-ville : les Carmes, le Capitole, la Daurade, Saint-Etienne, Esquirol, Victor-Hugo notamment, ou certaines de ses artères : le boulevard Armand-Duportal, le boulevard du Maréchal Leclerc, le boulevard Lazare-Carnot, le boulevard de Strasbourg, la rue de Metz, la rue Croix-Baragnon, la rue Ozenne ou encore la rue Gambetta.

Il s’exprime aussi dans quelques secteurs prisés du « péricentre », situés au-delà des boulevards : le quartier Chalet-Concorde et les zones du Busca/Jardin des Plantes spécialement et du bas de la Côte Pavée dans une moindre mesure. 

Déjà dévoilé avec des photographies illustrant ci-dessus certains de ses aspects, voici d’autres exemples de ce nouveau style moderniste made in TOULOUSE (parfois en impactant que par petites touches les biens concernés), classées par zones géographiques : 
rue Ozenne :

Immeuble Art Nouveau rue Ozenne - oeil de boeuf à l entrée - Toulouse

Immeuble Art Nouveau rue Ozenne - Toulouse - architecte Marius Pujol

Immeuble Art Nouveau rue Ozenne - architecte Marius Pujol - Toulouse

Entrée immeuble Art nouveau rue Ozenne à Toulouse

Immeubles Art Nouveau - rue Ozenne

Immeuble Art Nouveau - immeuble de rapport - rue Ozenne

Immeuble Art nouveau rue Ozenne à Toulouse 31000

Immeuble Art Nouveau rue Ozenne Toulouse - porte d entrée

rue Ozenne et rue Furgole :

Immeuble Art nouveau angle rue Ozenne et rue Furgole à Toulouse 31

rue Ozenne et rue Escoussières Montgaillard :

Demeure Art nouveau angle rue Escoussières Montgaillard et rue Ozenne à Toulouse

Demeure Art nouveau angle rue Escoussières Montgaillard et rue Ozenne à Toulouse - Oriel

rue Ozenne et rue Espinasse :

Demeure Art nouveau rue Ozenne - entrée et vitraux à l arrière rue Espinasse -Toulouse

Demeure Art nouveau rue Ozenne - entrée et vitraux à l arrière rue Espinasse -Toulouse

rue Ozenne et Grande rue Nazareth :

Immeuble Art Nouveau angle grande rue Nazareth et rue Ozenne - Toulouse

rue Ozenne et rue Caminade :

Immeuble Art nouveau angle rue Caminade et rue Ozenne à Toulouse

rue Ozenne et rue du Languedoc :

Immeuble Art Nouveau angle rue du Languedoc et rue Ozenne - Toulouse

Immeuble Art Nouveau rue Ozenne - vitraux - Toulouse

rue de Metz :

Immeuble art nouveau rue de Metz - Immeuble Barrat Toulouse 31 

Immeuble Art Nouveau Toulouse - rue de Metz - 31000

Immeuble Art Nouveau Toulouse - rue de Metz - porte d entrée

Art Nouveau Toulouse 42 rue de Metz

rue du Languedoc :

Hotel Particulier Art Nouveau rue du Languedoc - Toulouse

Hotel Particulier Art Nouveau rue du Languedoc - Bow window - Toulouse

Hotel Particulier Art Nouveau rue du Languedoc - Bow window - Toulouse 31

Immeuble Art Nouveau - Caisse d Epargne - rue du Languedoc

Immeuble Art Nouveau - Caisse d Epargne - rue du Languedoc

rue du Languedoc :

Immeuble Art Nouveau - rue du Languedoc 31000

Immeuble Art Nouveau - rue du Languedoc - bow-window

Immeuble Art Nouveau - rue du Languedoc détail

Immeuble Art Nouveau - immeuble de rapport - rue du Languedoc

Immeuble Art Nouveau - immeuble de rapport - rue du Languedoc - porte entrée

Immeuble Art Nouveau - immeuble de rapport - rue du Languedoc - fenêtre
rue Alsace Lorraine et rue Rivals :

Immeuble Art Nouveau Angle rue Alsace Lorraine et rue Rivals - Toulouse

rue des Arts et rue Antonin Mercié :

Immeuble Art Nouveau rue des Arts et angle rue Antonin Mercié  - archi Jules CALBAIRAC

Immeuble Art Nouveau rue des Arts et rue Antonin Mercié -  - archi Jules CALBAIRAC

Immeuble Art Nouveau rue des Arts détail  - architecte Jules CALBAIRAC

Immeuble Art Nouveau rue des Arts détail  - architecte Jules CALBAIRAC

Immeuble Art Nouveau rue des Arts 31  - architecte Jules CALBAIRAC

rue de la Pomme :

Immeuble rue de la Pomme - détails influence art Nouveau  - Toulouse

rue Gambetta :

Immeuble Art Nouveau rue Gambetta - Toulouse

Immeuble Art Nouveau rue Gambetta - Détail - Toulouse

rue Jean Suau :

Immeuble Art Nouveau - rue Jean Suau - Tolosa - Immeuble Mazelié

Immeuble Art Nouveau - rue Jean Suau - détail - Immeuble Mazelié

Immeuble Art Nouveau rue Jean Suau - Toulouse - immeuble Mazelié

Immeuble Art Nouveau - rue Jean Suau - architecte Joseph Galinier - Immeuble Mazelié
quais de Tounis :

Demeure style Art Nouveau Quai de Tounis - Bow-window - Toulouse

Demeure style Art Nouveau Quai de Tounis - Vitrail femme sensuelle - Toulouse
boulevard Armand-Duportal :

Immeuble Art Nouveau Boulevard Armand Duportal - Toulouse

Immeuble Art Nouveau Boulevard Armand Duportal - Toulouse - Architecte Marius Pujol

Immeuble Art Nouveau Boulevard Armand Duportal - détail - Toulouse

Immeuble Art Nouveau Boulevard Armand Duportal - Faiënce - Toulouse

Maison Art Nouveau Boulevard Armand Duportal - Toulouse

Maison Art Nouveau Boulevard Armand Duportal - détail - Toulouse

boulevard du Maréchal Leclerc :

Immeuble style Art Nouveau boulevard du Maréchal Leclerc - Toulouse

Maison Art Nouveau Boulevard du Maréchal Leclerc - maison beumier Toulouse - influence néo-flamande - bow-window

rue Francisque-Sarcey :

Maison Art Nouveau rue Francisque-Sarcey - Toulouse

Maison Art Nouveau rue Francisque-Sarcey - Toulouse entrée et fenêtre avec vitraux

Maison Art Nouveau rue Francisque-Sarcey - détail - Toulouse

Maison Art Nouveau rue Francisque-Sarcey - Toulouse 31000

Maison Art Nouveau rue Francisque-Sarcey - Toulouse 31

Maison Art Nouveau rue Francisque-Sarcey - détail - Toulouse  31

rue de Rennes :

Maison Art Nouveau rue de Rennes - Toulouse

Maison Art Nouveau rue de Rennes - détail - Toulouse

allée de Brienne :

Maison Art Nouveau - allée de Brienne - Toulouse

Maison Art Nouveau - entrée oeil de boeuf - allée de Brienne - Toulouse

Maison Art Nouveau - allée de Brienne - fenêtre - Toulouse
boulevard Lazare-Carnot :
Immeuble art nouveau - Immeuble Doat boulevard Carnot - Toulouse

Oriel de vitraux immeuble art nouveau - Immeuble Doat boulevard Carnot - Toulouse

Oriel de vitraux - détail - immeuble art nouveau - Immeuble Doat boulevard Carnot - Toulouse
boulevard de Strasbourg :

Hôtel particulier Art Nouveau boulevard de Strasbourg - Hôtel Pauilhac Toulouse

Hôtel particulier Art Nouveau boulevard de Strasbourg - bow-windows - Hôtel Pauilhac Toulouserue du Commissaire Philippe :

Immeuble art nouveau rue du Commissaire Philippe

Immeuble art nouveau - balcon - rue du Commissaire Philippe

rue Volta :

Maison Art Nouveau rue Volta Toulouse 31 - tradition médievale

Immeuble art nouveau rue Volta - Toulouse 31

Immeuble art nouveau - détail - rue Volta - Toulouse 31

Maison Art Nouveau Rue Volta Toulouse

Rue Volta Toulouse 31 Art Nouveau

Maison Art Nouveau rue Volta Toulouse détails

rue du Printemps :

Immeuble art nouveau rue du Printemps

rue Perbosc :

Immeuble Art nouveau - rue Perbosc - Toulouse

Immeuble Art nouveau - détail - rue Perbosc - Toulouse

Maison Art nouveau - rue Perbosc - Toulouse 31000

Singularité de l Art nouveau - rue Perbosc - Toulouse

Maison Art nouveau - rue Perbosc - Toulouse

rue du Capitaine Escudié et rue Claire Pauilhac :

Maison Art Nouveau angle rue du Capitaine Escudié et rue Claire Pauilhac - Toulouse

Maison Art Nouveau angle rue du Capitaine Escudié et rue Claire Pauilhac - Toulouse - porte d entrée

Maison Art Nouveau angle rue du Capitaine Escudié et rue Claire Pauilhac - Toulouse - lambrequin et mozaïque

rue Franc :

Maison Art Nouveau rue Franc Toulouse

Maison Art Nouveau rue Franc Toulouse - détail

rue des Chalets :

Rue des Chalets - Institut Cervantes - Toulouse

Rue des Chalets - Institut Cervantes

rue des Chalets et rue de la Balance : 

Maison Art nouveau - angle rue des Chalets et rue de la Balance - Toulouse

Maison Art nouveau - angle rue des Chalets et rue de la Balance - Toulouse 31

Maison Doumerc - Art nouveau - rue des Chalets Toulouse 31000

Maison Doumerc - Art nouveau - rue des Chalets Toulouse

rue de la Balance :

Maison bourgeoise rue de la Balance - détail art nouveau - Toulouse 31000

rue du Périgord :

Maison Marques - art nouveau - rue du Périgord Toulouse

Maison Marques - art nouveau - rue du Périgord Toulouse 31

rue Bellegarde :

Verrière Art Nouveau rue Bellegarde Toulouse

Verrière Art Nouveau rue Bellegarde Toulouse - détail
rue Sainte-Marthe :

Immeuble Art nouveau rue Sainte-Marthe Toulouse

allée Frédéric Mistral : 

Immeuble Art Nouveau Allées Frédéric Mistral - Architecte Joseph Gilet - Toulouse

Immeuble Art Nouveau Allées Frédéric Mistral - Architecte J. Gilet - Toulouse

allée Frédéric Mistral et rue de Fleurance :

Maison Art Nouveau Toulouse allées Frédéric Mistral - abrite le Conseil économique et social

Maison Art Nouveau Angle allées Frédéric Mistral et rue de Fleurance - maison Dalet Toulouse 31

Maison Art Nouveau allées Frédéric Mistral - entrée maison Dalet - Toulouse

Maison Art Nouveau allées Frédéric Mistral - arrière rue de Fleurance - bow-window maison Dalet - Toulouse

rue Montplaisir :

Maison Art Nouveau rue Montplaisir - Toulouse

Maison Art Nouveau rue Montplaisir - Toulouse - porte d entrée

rue André Delieux :

Maison Art Nouveau rue André Delieux - Villa Brucker Toulouse

Maison Art Nouveau rue André Delieux - Villa Brucker Toulouse - entrée

Villa Art Nouveau rue André Delieux - Toulouse

Villa Art Nouveau rue André Delieux - Détail

rue Bégué David :

Maison Art Nouveau rue Bégué David - Toulouse

Maison Art Nouveau rue Bégué David - Toulouse quartier Busca

Allées des Demoiselles :

Maison Art Nouveau Allées des Demoiselles - Tolosa

Villa Art Nouveau allées des Demoiselles angle rue André Delieux - Toulouse

Villa Art Nouveau allées des Demoiselles angle rue André Delieux - Toulouse - ornementation

Villa Art Nouveau allées des Demoiselles angle rue André Delieux - Détails

Villa allées des Demoiselles angle rue André Delieux - Détail mozaique

rue Sainte-Philomène :

Villa Art Nouveau rue Sainte-Philomène -Toulouse 31

Villa Art Nouveau rue Sainte-Philomène -Toulouse 31 - fenêtre

Villa Art Nouveau rue Sainte-Philomène -Tolosa

Villa Art Nouveau côte à côte rue Sainte-Philomène -Toulouse

Villa Art Nouveau rue Sainte-Philomène -Toulouse détail façade

Villa Art Nouveau rue Sainte-Philomène -Toulouse - balcon et mozaïques

rue Georges Picot :

Villa Art Nouveau rue Georges Picot - maison Camel Toulouse 31

Villa Art Nouveau rue Georges Picot - maison Camel Toulouse - entrée

Villa Art Nouveau rue Georges Picot - maison Camel Toulouse - sculpture animale

rue Demouilles :

Maison Art Nouveau rue Demouilles - Villa Garrigues Toulouse

Maison Art Nouveau rue Demouilles - Villa Garrigues  Toulouse - détail masque de comédie

rue Félix-Durrbach :

Villa Art Nouveau rue Félix-Durrbach -Toulouse 31

allée Edouard Branly :

Maison Art Nouveau allées Edouard-Branly Toulouse - Maison Haffner - 31

Maison Art Nouveau allées Edouard-Branly Toulouse - Maison Haffner - détail

rue Joly :

Maison Art Nouveau Toulouse rue Joly

rue Jean Stieltjes :

Maison Art Nouveau rue Jean Stieltjes - Toulouse
rue des Jardins :

Maison Art Nouveau rue des Jardins - Toulouse

Immeuble Art Nouveau rue des Jardins Toulouse - Porte d entrée

rue Dalmatie :

Maison Art Nouveau Toulouse  rue Dalmatie - quartier Marengo
route d’Albi :

Maison Art Nouveau Toulouse - Villa Le Bocage route d Albi


Les Commerces et Cafés.

Ornées de céramiques et de bois courbés, ces lieux de vie montrent et démontrent également comment l’Art Nouveau s’est immiscé dans le quotidien des toulousaines et des toulousains.

Le Florida, au centre de la place du Capitole, sous les arcades, inauguré en 1874 ; son style Belle Époque qui perdure depuis est très apprécié des touristes… comme des toulousaines et des toulousains :

Café - Bar art nouveau Toulouse - le Florida Place du Capitole

Café - Bar art nouveau Toulouse - le Florida

Le Florida - Brasserie Art nouveau Toulouse

Le Bibent, Place du Capitole, à l’angle de la rue Saint-Rome réaménagé avec son décor stucs - que l’on peut toujours admirer - entre 1900 et 1910 :

Le Bibent place du Capitole - Art Déco Toulouse 31, décor stucs

Le Bibent place du Capitole - Art Déco Toulouse, décor stucs

Le Père Louis, rue des Tourneurs, fondé en 1889 par un marchand de vin :

Café au Pére Louis décoration Art Nouveau - bar rue des Tourneurs à Toulouse

Café au Pére Louis décoration Art Nouveau - bar rue des Tourneurs à Toulouse 31

Le Concorde, rue de la Concorde, café construit en 1890 (sa marquise et les lettrages sont d’époque) ; un des plus vieux bars de TOULOUSE au charme rétro qui attire toujours beaucoup de monde :

Café de la Concorde Toulouse - marquise et lettrage Art Déco

La brasserie Debs rue de Belfort où à la fin du 19ième siècle six entreprises brassent annuellement 10 000 hectolitres de bières locales… A compter de 1948 l’ensemble immobilier est transformé pour proposer des appartements ; quelques vestiges Art Nouveau y demeurent :

Art Nouveau rue de Belfort - ancienne Brasserie Debs - Toulouse 

Art Nouveau rue de Belfort - ancienne Brasserie Debs - Toulouse - Mozaiques

La librairie Vivès, rue Gambetta (plus ancienne librairie toulousaine - datant de 1817 - sa façade est ornée de volutes Art Nouveau à la fin du 19ième siècle), devenue désormais un marchand de glaces :

Immeuble Art Nouveau rue Léon Gambetta - Toulouse

Immeuble Art Nouveau rue Léon Gambetta - Détails - Toulouse

Le magasin Au Capitole qui ouvre ses portes en 1904 (voir supra, point I).

Les marchés dotés de halles métalliques : celui des Carmes (érigée en 1892, il a été détruit en 1964 pour laisser place au marché couvert actuel inauguré en 1966), celui de Victor Hugo (inauguré lui aussi en 1892, il est remplacé par le marché-parking actuel en 1959) et le marché couvert de Saint-Cyprien qui contrairement à ses homologues subsiste toujours dans sa configuration initiale Art Nouveau de 1892, date de son achèvement :
   
Marché couvert Art Nouveau Toulouse Halle Saint-Cyprien, place Roguet

Marché couvert Art Nouveau Toulouse - entrée Halle Saint-Cyprien, place Roguet

Marché Art Nouveau Toulouse 31 - Halle couverte Saint-Cyprien, place Roguet

Le Grand Hôtel qui ouvre en 1901 (voir supra, point I).

Les monuments publics et édifices destinés au public.

Art Nouveau « pur jus », tel est le cas en matière de monument de la fontaine Clémence Isaure - dénommée aussi Poésie romane - située place de la Concorde, à l’intersection de la rue de la Concorde et de la rue Alexandre Falguière.

Œuvre du sculpteur Léo LAPORTE-BLAIRSY et de l’architecte Barthélemy GUITARD - tous deux acteurs toulousains (évoqués supra) du Modern Art -, elle fut inaugurée le 3 mai 1913 pour fêter le premier anniversaire de l’Académie des Jeux Floraux, plus exactement la reconnaissance d’utilité publique de cette société savante (considérée comme la plus ancienne d’Europe) instituée à TOULOUSE en 1323 par sept troubadours afin de promouvoir la poésie et la littérature en général sous toutes ses formes.

Fontaine Clémence Isaure, place de la Concorde - Toulouse art nouveau

Fontaine Clémence Isaure, place de la Concorde - Toulouse art nouveau - détails  

S’agissant des édifices destinés au public, autre que les commerces et cafés (voir supra), l’Art Nouveau Toulousain se retrouve notamment au niveau :Les beaux arts Toulouse - Immeuble art nouveau - école, 31000

Les beaux arts Toulouse - Edifice art nouveau

Les beaux arts Toulouse - Immeuble art nouveau

Palais des Arts - entrée école des Beaux Arts Toulouse 31000
Art nouveau rue Gabriel Péri - immeuble ancien journal Le Télégramme - Toulouse 31

Art nouveau rue Gabriel Péri - immeuble ancien journal Le Télégramme - Toulosa

Art nouveau rue Gabriel Péri - Immeuble ancien journal Le Télégramme - Toulouse - détails
Musée Labit - style Art Nouveau Toulouse - entrée rue des Martyrs de la Libération

Musée Labit - style Art Nouveau Toulouse - partie arrière et jardin côté Boulevard Monplaisir
Créche et Garderie de la Manufacture des Tabacs Art Nouveau - allée de Brienne - Toulouse

Créche et Garderie Art Nouveau - allée de Brienne - Toulouse

Edifice pour la Manufacture des Tabacs Art Nouveau - allée de Brienne - Toulouse

Créche et Garderie de la Manufacture des Tabacs Art Nouveau - allée de Brienne - Toulouse - ornement façade

*
* * *

Conclusion

Dans son expression de l’Art Nouveau, TOULOUSE conjugue sobriété formelle et raffinement matériel. 

A l’opposé de certaines exubérances ou de fastes ostentatoires qui essaiment parfois dans les grandes villes européennes, la Ville rose propose une version enracinée et artisanale de ce mouvement. 

L’asymétrie et l’irrégularité ont droit au chapitre… elles sont même Le chapitre !

C’est en ce sens une architecture du mouvement, qui respire, loin de tout cadre statique normé, à l’instar de ce mouvement artistique en général fondamentalement animé par l’idée de créativité et de liberté.

Mais dans la Ville rose il s’apparente surtout à une forme de poétique urbaine venant enrichir, ici ou là, un patrimoine déjà riche et varié.

Au tournant du XIXème siècle, il contribue à cet égard à impulser une dynamique culturelle régionale qui se poursuivra au sortir du premier conflit mondial via un autre courant : l’Art Déco, aux lignes plus épurées, moins décoratif et volubile (la Grande Guerre demeure dans les esprits…, même si l’entre-deux guerre se révèle festive, tout au moins dans sa première partie, dite des Années Folles, avant que n’arrive la crise de 29, période de Grande Dépression conduisant à la montée du nazisme, au basculement d’une partie de l’Europe dans la dictature ; sur le mouvement Art Déco).  

Un style plus « rationnel » promouvant un retour à une forme de classicisme… mais ayant, là aussi, ses particularités en terres toulousaines, laissant également un héritage de valeur que nous aborderons en soi dans une prochaine étude (à paraitre au mois de juin prochain).

La particularité étant que ces deux périodes se révèlent aujourd’hui - après les trente glorieuses, les crises économiques postérieures aux années 70 ou encore le passage au XXIème siècle… toutes synonymes d’un urbanisme spécifique - particulièrement appréciées.

Les acquéreurs d’un bien immobilier sont en effet nombreux à s’intéresser à ce marché singulier, quasi de niche, devenu généralement de l’immobilier de prestige.

Sortir du lot, se démarquer matériellement, est toujours un moyen de s’affirmer socialement… et, au-delà de ce besoin éventuel de reconnaissance, la quête du beau demeure universelle.

Or, les biens immobiliers concernés, chargés d’histoire, représentatifs d’un style d’existence, d’une époque où l’art s’efforce de côtoyer la vie quotidienne, quelque peu porteuse de nostalgie, tout en bénéficiant d’une qualité architecturale indéniable (surtout un fois rénovés dans les règles de… l’art), sont rares.

Rareté qui ne fait qu’accentuer leur valeur intrinsèque, leur caractère plus ou moins prestigieux, en l’occurrence ce qu’aime et souhaite acquérir une partie de notre clientèle… que notre équipe de chasseurs immobiliers prend un réel plaisir à satisfaire.

Il en va ainsi tant, au-delà de la stricte réussite d’une mission (quelle qu’en soit la nature exacte), par-delà la concrétisation efficace d’un projet immobilier (quel qu’en soit l’envergure), rechercher un bien Art Nouveau à TOULOUSE - ou Art Déco comme nous le verrons donc prochainement - permet d’inscrire son quotidien de chasseur d’appartement ou de maison, son activité de service immobilier sur-mesure, au cœur d’une période architecturale d’une très grande richesse artistique.

Eric MASSAT - Direction de Domicilium

Billet susceptible de vous intéresser sur un thème similaire ou à mettre en parallèle : 

Architecture : les mascarons toulousains rencontrés par votre chasseur immobilier.

Portes d’immeubles et de maisons à TOULOUSE : invitation à une visite architecturale, historique et colorée.

Cariatide, Atlante ou Télamon : quand les façades toulousaines embellissent la ville.

Billet précédent : Nathalie GARRIGUES, Chasseuse Immobilier au sein de la Société DOMICILIUM Chasseur Immobilier.
Eric MASSAT, chasseur immobilier DOMICILIUM à toulouse

Eric MASSAT - Direction de Domicilium

Docteur en Droit, Expert du marché immobilier.

Fondateur et co-gérant de Domicilium. Depuis 2007 société pionnière et leader de la chasse immobilière en Haute-Garonne et Occitanie.

Ancien Avocat au barreau de Toulouse, ancien
Enseignant et Chercheur à UT1 (Université Toulouse Capitole) et à l’IEP de Toulouse.
Depuis 1993 au centre de la vie économique, sociale et culturelle toulousaine.

Publié le mercredi 01 avril 2026